HISTOIRES & REGARDSLire le Cameroun dans le temps.
Des traces anciennes aux transformations sociales : deux ouvrages éclairent des périodes et des questions différentes.
2000Le désarroi camerounais. L’épreuve de l’économie-monde
Georges Courade (direction) · Karthala, collection Économie et Développement
Ouvrage collectif du programme Ocisca, consacré surtout à la crise et aux transformations sociales des années 1980–1990. Il ne constitue ni un dictionnaire de tous les peuples ni un recensement ethnique actuel. La notice IRD indique 283 pages ; le fichier fourni contient 286 pages PDF avec pages liminaires.
Ce livre déplace le regard des seuls monuments et traditions vers la vie quotidienne des familles camerounaises face à la crise économique. Ses enquêtes des années 1990 relient agriculture, travail, logement, mobilité, entraide et rapports de pouvoir. Les producteurs ne réagissent pas simplement aux cours du café et du cacao : leurs choix dépendent aussi de la terre, du travail familial et de la sécurité alimentaire. Les associations peuvent offrir du secours, mais aussi reproduire des différences de ressources et de statut. Dans la Bénoué, les conflits autour de la terre éclairent les interactions entre migrants, autorités locales et État. Pour VisiteCM, ces analyses permettent de raconter des sociétés en transformation, à condition d’indiquer la période étudiée et de distinguer les constats d’enquête des interprétations des auteurs.
Explorer les lectures ↓ · Notice bibliographique ↗1963Histoire du Cameroun
Engelbert Mveng · Présence Africaine
Le fichier fourni est un extrait de 58 pages PDF, lu intégralement. Il comprend les pages liminaires, les deux premiers chapitres et le début du troisième. Il s'interrompt au milieu du développement consacré au périple d'Hannon, à la page imprimée 52. Le catalogue de la bibliothèque de l'Union africaine décrit le livre complet de 1963 comme un ouvrage de 533 pages : l'extrait ne permet pas d'en résumer les chapitres absents.
Dans cet extrait publié en 1963, Engelbert Mveng entreprend de raconter l'histoire du Cameroun en la reliant au continent africain. Il valorise les traditions orales, les objets, les vestiges archéologiques et les archives, tout en rappelant la nécessité de confronter les témoignages. Son ouverture géographique rapproche le bassin du lac Tchad, les plateaux, les forêts et la côte atlantique. Les premiers chapitres présentent les connaissances archéologiques disponibles à son époque, puis des traditions relatives aux populations forestières. Ils conduisent enfin au mont Cameroun et aux récits de navigation antique. Cette lecture fournit surtout une méthode et des pistes de patrimoine : ses datations, ses classifications humaines et certaines interprétations doivent être replacées dans les savoirs et les représentations de 1963, sans être présentées comme les conclusions actuelles de la recherche.
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À Yaoundé, une perte d’emploi transforme la vie familiale
Xavier Durang suit les parcours de salariés après la faillite de la Société de transport urbain du Cameroun, le 22 février 1995. La disparition d’un salaire touche aussi le logement, la scolarité, les responsabilités domestiques et les liens avec les proches. Certaines familles tentent une petite activité ; d’autres partagent leur résidence entre village et ville. Les conjointes peuvent prendre une place accrue dans les ressources du ménage, tandis que des hommes perdent une reconnaissance liée à leur ancien emploi. Les récits montrent des expériences contrastées, et non une réponse unique à la crise. Ils éclairent l’histoire sociale de Yaoundé dans les années 1990 sans décrire la situation actuelle de tous ses habitants.
Xavier Durang · Sortir du salariat et réapprendre à vivre petit
Pages imprimées contrôlées 131, 132, 134, 135, 137, 138, 139, 141, 142, 143, 148, 149, 150, 151 · pages du fichier 132, 133, 135, 136, 138, 139, 140, 142, 143, 144, 149, 150, 151, 152 · Référence du livre ↗
Apprendre un métier et trouver sa place en ville
Dans son enquête sur les jeunes de Douala, Jean-François Trani décrit l’accès au travail pendant la crise des années 1990. Apprentissages, petits commerces, emplois temporaires et activités complémentaires composent des trajectoires souvent instables. Des jeunes poursuivent leurs études tout en contribuant aux dépenses du foyer ; d’autres espèrent ouvrir un atelier après une formation chez un artisan. La famille et les connaissances peuvent faciliter une première activité, mais les ressources disponibles restent inégales. Cette lecture donne une place aux expériences ordinaires de la jeunesse dans l’histoire du pays. Les données concernent des enquêtes urbaines datées : elles ne représentent pas un peuple unique et ne mesurent pas l’emploi camerounais d’aujourd’hui.
Jean-François Trani · Les jeunes et le travail à Douala : la galère de la deuxième génération après l’indépendance
Pages imprimées contrôlées 153, 154, 156, 159, 160, 161, 164, 166, 167, 168, 169, 171, 172 · pages du fichier 154, 155, 157, 160, 161, 162, 165, 167, 168, 169, 170, 172, 173 · Référence du livre ↗
Le paysage agricole est aussi un savoir transmis
Dans son étude publiée en 2000, Isabelle Grangeret-Owona décrit la fertilité des terres bamiléké comme le résultat d’un travail continu. Les associations de cultures, les restitutions de matière organique, les haies et l’articulation entre élevage et cultures contribuent à entretenir les parcelles. La chefferie intervient également dans l’organisation de certaines pratiques collectives et dans les rapports fonciers. Ces pages invitent à regarder les paysages de l’Ouest comme des espaces façonnés par des savoirs et des relations sociales, plutôt que comme une simple richesse naturelle. L’analyse concerne des exploitations observées dans les années 1990 et ne décrit pas uniformément toutes les familles ni toutes les chefferies.
Isabelle Grangeret-Owona · La fertilité des terres bamiléké dans tous ses états
Pages imprimées contrôlées 45, 46, 47, 48, 52, 53, 55, 56, 63, 66, 67, 68, 69 · pages du fichier 46, 47, 48, 49, 53, 54, 56, 57, 64, 67, 68, 69, 70 · Référence du livre ↗
L’entraide peut prendre la forme du travail
Emmanuel Foko étudie des pratiques d’épargne dans les chefferies de Bafou et Baham. Il y observe des groupes qui interviennent successivement dans les exploitations de leurs membres, sans réduire la contribution à un versement d’argent. D’autres tontines mobilisent du café ou du maïs pour financer des projets ou des obligations sociales. Les bénéficiaires doivent respecter des règles connues du groupe, et certaines aides répondent en priorité à des difficultés familiales. Cette enquête montre plusieurs formes de coopération agricole et de mise en commun des ressources. Elle ne permet pas d’affirmer que tous les Bamiléké suivent les mêmes pratiques, ni que leur fonctionnement est resté identique depuis les années 1990.
Emmanuel Foko · Gestion du risque et accumulation communautaire chez les Bamiléké
Pages imprimées contrôlées 178, 179, 180, 181 · pages du fichier 179, 180, 181, 182 · Référence du livre ↗
Des réserves pour traverser les incertitudes
Dans les enquêtes de Bafou et Baham présentées par Emmanuel Foko, l’épargne ne se limite pas aux comptes bancaires. Des ménages mettent aussi des ressources en réserve dans le bétail, la terre ou d’autres biens. Le choix dépend de la possibilité de récupérer une valeur au moment où la famille en a besoin, mais aussi de la confiance et des relations entretenues avec son entourage. L’auteur relie ces stratégies à l’instabilité du système financier de l’époque. Ce récit permet de comprendre des arbitrages entre sécurité matérielle et reconnaissance sociale. Il ne constitue pas un conseil financier actuel et ne résume pas la diversité des parcours économiques bamiléké.
Emmanuel Foko · Gestion du risque et accumulation communautaire chez les Bamiléké
Pages imprimées contrôlées 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190 · pages du fichier 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191 · Référence du livre ↗
Des vies partagées entre village et ville
Pierre Janin montre que les économies familiales de plantation étudiées ne se comprennent pas en séparant strictement village et ville. Les déplacements de proches, les transferts et les informations circulent entre plusieurs lieux et participent aux décisions agricoles. La crise des années 1990 modifie ces échanges : des citadins en difficulté reviennent au village, tandis que les producteurs cherchent de nouveaux débouchés. Ces mobilités peuvent apporter un soutien, mais aussi créer des tensions autour des dépenses et de la terre. Pour raconter les peuples du Cameroun, cette perspective rappelle que les trajectoires dépassent souvent une seule région et qu’une carte ne peut enfermer les appartenances dans des frontières fixes.
Pierre Janin · Les ajustements des planteurs et leurs fondements géographiques
Pages imprimées contrôlées 75, 85, 86, 87 · pages du fichier 76, 86, 87, 88 · Référence du livre ↗
À Douala, se réunir pour s’entraider
Gilles Séraphin décrit une vie associative urbaine diverse : regroupements familiaux, professionnels, religieux, culturels ou de quartier. Certaines associations organisent des caisses pour les projets, les dépenses exceptionnelles ou les moments difficiles. Les cotisations peuvent également contribuer à un équipement dans le village d’origine. L’auteur souligne toutefois que la capacité de participer dépend des ressources et que l’entraide peut s’accompagner de contrôle social ou d’exclusion. Il distingue dès la première page les habitants de Douala du peuple Duala. Cette étude de la ville dans les années 1990 éclaire un contexte cosmopolite ; elle ne doit donc pas servir à attribuer toutes ces pratiques à une seule communauté ethnique.
Gilles Séraphin · La société civile derrière la communauté ? Associations et tontines à Douala
Pages imprimées contrôlées 191, 193, 194, 197, 198, 199, 200, 202, 208, 209, 210, 213 · pages du fichier 192, 194, 195, 198, 199, 200, 201, 203, 209, 210, 211, 214 · Référence du livre ↗
Des villes du Nord antérieures à la colonisation européenne
Michel Simeu Kamdem rappelle que plusieurs centres du Nord se sont développés avant la colonisation européenne. Il relie notamment les cités peules aux lamidats et décrit un habitat organisé autour d’ensembles de cases dans un enclos, le saré. Son étude porte ensuite sur cinq villes et sur les transformations de l’emploi et du logement dans les années 1990. Les initiatives locales et les commerçants y jouent un rôle important, dans un contexte de retrait de l’État. Ce passage enrichit la lecture du patrimoine urbain : une ville n’est pas seulement un décor ou un monument. Le chapitre n’offre cependant pas une chronologie exhaustive de tous les lamidats camerounais.
Michel Simeu Kamdem · Emplois et logement dans les villes du Cameroun septentrional : après l’État, les alhadji ?
Pages imprimées contrôlées 117, 118, 119, 127, 128 · pages du fichier 118, 119, 120, 128, 129 · Référence du livre ↗
La terre, un enjeu d’installation dans la Bénoué
Samuel Ndembou analyse les relations entre migrants agricoles, autorités des lamidats et administration dans la plaine de la Bénoué. Il situe la formation des pouvoirs foulbé dans l’histoire du XIXe siècle, puis examine des projets d’installation et leurs difficultés au cours du XXe siècle. Dans les villages étudiés, l’incertitude sur les droits d’usage peut décourager des investissements agricoles durables. L’auteur attribue une part de ces tensions aux rapports de pouvoir et aux contradictions de l’action publique. Cette analyse est située dans des lieux et une période précis. Elle ne décrit pas tous les Peuls comme un groupe homogène et ne constitue pas une présentation du droit foncier camerounais en vigueur aujourd’hui.
Samuel Ndembou · Rapports de domination et extension de l’insécurité : les migrations kirdi en zone foulbé
Pages imprimées contrôlées 219, 220, 221, 222, 224, 225, 227, 228, 230, 231, 232, 233, 234 · pages du fichier 220, 221, 222, 223, 225, 226, 228, 229, 231, 232, 233, 234, 235 · Référence du livre ↗
LECTURES DE 1963Histoire du Cameroun
L'histoire se lit aussi dans la parole et les objets
Pour Engelbert Mveng, la connaissance du passé ne dépend pas seulement de textes écrits. Elle repose aussi sur les récits transmis, les représentations, les outils et les traces du travail humain. Dans ce passage de 1963, il accorde une place centrale à la transmission orale, dont il souligne également les difficultés d'interprétation. Cette approche invite le visiteur à regarder un objet, écouter un récit et chercher qui l'a transmis. Pour VisiteCM, chaque histoire gagne donc à préciser son témoin, son lieu de collecte et sa date. Une tradition garde sa valeur culturelle sans devenir automatiquement une preuve chronologique : elle se confronte aux autres sources disponibles.
Engelbert Mveng · L'âge de la pierre — Les temps préhistoriques
Pages imprimées contrôlées 21 · pages du fichier 23, 24 · Référence du livre ↗
Un territoire relié à plusieurs horizons africains
Mveng construit son ouverture historique autour des relations entre la côte atlantique, le lac Tchad et les cours d'eau de l'intérieur. Il voit dans ces milieux des espaces de circulation, plutôt que des mondes culturels isolés. Sa lecture de 1963 relie ainsi les savanes du Nord, les plateaux et les forêts aux échanges continentaux. Le site peut reprendre cette invitation à voyager entre paysages et mémoires, en reliant les fiches régionales aux itinéraires et aux lieux. Cette perspective ne signifie pas que tous les groupes ont suivi une seule migration, ni que leurs histoires se réduisent à leur environnement : chaque parcours humain exige ses propres sources.
Engelbert Mveng · L'âge de la pierre — Entre deux eaux
Pages imprimées contrôlées 18 · pages du fichier 19, 20, 21 · Référence du livre ↗
Les noms changent aussi avec leurs transcriptions
Dans son avertissement, Mveng explique les difficultés rencontrées lorsqu'il réunit des textes africains écrits selon des conventions différentes. Il prend notamment l'exemple de l'ewondo, du boulou et du fang, dont les transcriptions portent alors la marque de plusieurs traditions européennes. Son choix éditorial vise un lectorat francophone, tout en conservant les graphies des documents cités. Pour le visiteur, ce témoignage aide à comprendre pourquoi un même nom peut apparaître sous plusieurs formes dans les archives. Il ne suffit cependant pas à établir une équivalence : VisiteCM conserve les appellations rencontrées, indique les variantes attestées et distingue langue, communauté et désignation administrative.
Engelbert Mveng · Avertissement
Pages imprimées contrôlées 11 · pages du fichier 12, 13 · Référence du livre ↗
Des objets pour rencontrer les habitants anciens
Le chapitre sur l'âge de la pierre décrit les collections et les sites connus de l'auteur en 1963. Mveng cite des découvertes de pierres taillées ou polies dans plusieurs parties du territoire, et évoque des haches, des pointes et des meules. Son inventaire permet de raconter comment la recherche camerounaise s'est constituée : collecte des objets, conservation dans les musées et discussion des premières interprétations. Ces mentions constituent des repères dans l'histoire des savoirs, pas un inventaire archéologique actualisé. Elles n'autorisent ni à attribuer les vestiges aux communautés qui vivent aujourd'hui dans ces lieux, ni à reprendre leurs datations anciennes sans comparaison avec des études plus récentes.
Engelbert Mveng · L'âge de la pierre — Les industries préhistoriques camerounaises
Pages imprimées contrôlées 28, 30 · pages du fichier 29, 30, 32 · Référence du livre ↗
Bidzar, une entrée dans la mémoire des pierres
Au début du chapitre consacré à l'art rupestre, Mveng distingue les gravures camerounaises des ensembles peints qu'il évoque ailleurs en Afrique. Il mentionne Bidzar et les falaises du Tinguelin comme des lieux permettant de découvrir cette histoire par les formes tracées dans la pierre. Une planche de l'extrait est consacrée aux gravures de Bidzar. Pour un voyage culturel, cet angle offre une entrée concrète : observer les motifs, comprendre leur conservation et découvrir les recherches qui leur sont consacrées. L'ancienneté proposée dans le livre et ses rapprochements avec des populations contemporaines restent des interprétations de 1963 ; ils ne sont pas présentés ici comme des attributions établies.
Engelbert Mveng · L'homme des cavernes — L'art rupestre et l'homme d'Afrique
Pages imprimées contrôlées 38 · pages du fichier 39, 40, 41, 42 · Référence du livre ↗
Akok-Bekoé : paysage et tradition à distinguer
Mveng évoque Akok-Bekoé près d'Akono lorsqu'il examine les traces laissées, selon les traditions locales, par d'anciens contacts entre populations. Il décrit notamment une formation rocheuse, un abri circulaire et une source. Cette description donne au lieu une profondeur culturelle qui complète la rencontre avec le paysage. Elle ne démontre cependant ni l'identité de ses premiers occupants ni une occupation préhistorique datée : l'auteur avance un rapprochement, sans fournir ici de fouille qui l'établirait. VisiteCM peut donc présenter le site naturel et le témoignage littéraire côte à côte, en attribuant clairement le récit à Mveng et en réservant les conclusions archéologiques aux études qui les documentent.
Engelbert Mveng · L'homme des cavernes — Les Pygmées et la tradition locale
Pages imprimées contrôlées 42, 43 · pages du fichier 46, 47 · Référence du livre ↗
Le mont Cameroun et une controverse antique
Le début du troisième chapitre donne au mont Cameroun une place majeure dans l'imaginaire historique de Mveng. L'auteur examine les récits de navigation antique et se demande si le relief appelé Char des dieux dans le périple d'Hannon correspond à cette montagne. Le passage présente explicitement des avis contraires : Bouchaud et Mauny rejettent le rapprochement, tandis que Mveng explique pourquoi il le retient. Cette discussion fait une bonne histoire de lecture pour le visiteur, à condition de conserver sa nature controversée. Le site ne transforme donc pas une identification discutée en visite certaine d'Hannon au Cameroun ; l'extrait s'interrompt avant la suite de l'argumentation.
Engelbert Mveng · Le char des dieux — Périples antiques (début du chapitre seulement)
Pages imprimées contrôlées 50, 52 · pages du fichier 51, 52, 55, 56, 57, 58 · Référence du livre ↗
Les synthèses conservent la date, l’auteur et la pagination du texte consulté. Les références bibliographiques permettent de retrouver les ouvrages.